Google, mon amour !

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« Très cher Google, je t’écris pour te dire que j’aimerais beaucoup que tu m’aimes, me partages, fasses de moi le number one de ton moteur de recherche pour que tout le monde sache que j’existe… Dans ton cœur et ailleurs ». C’est à peu près ce qu’on se dirait à chaque fois qu’on rédige un article pour la toile… Si on prenait le temps de ce type de pensée.

C’est pourquoi, il y a quelques années, on s’est mis à écrire 15 fois le même mot dans un article de 2000 signes. C’était très lourd à lire mais c’était pour que Google nous « aime ». Ca a fonctionné au début. Puis, il s’est aperçu qu’on faisait un peu trop souvent rimer « antivirus » avec « antivirus » : 20 fois dans le même texte, il nous a fait comprendre que c’était abusé. Il a appelé ça le « keyword stuffing » et il l’a condamné. Les petits malins qui en avaient fait une spécialité se sont retrouvés déréférencés. Et toc !

Nous sommes donc passés au <strong> . En langage html, ça veut dire « gras ». Une façon de mettre en valeur les mots importants dans nos textes. Google aimait bien, au départ en tous cas. Peut-être parce qu’en anglais ça veut aussi dire « fort ». Les égos sont sensibles, fussent-ils ceux d’une machine ! C’était un peu fastidieux de rajouter du <strong> partout mais bon, si on peut faire plaisir ! Et puis ça aidait bien pour le référencement.

Soigner les titres, un impératif !

Mais tout passe et tout lasse. Google en a voulu plus. Sans doute fait-il partie des fans de la citation « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ». Bref... Il nous a fait le coup de l’amour qui s’étiole, en a demandé plus, etc. Il a fallu revoir notre copie : soigner les titres, le h1, le h2, le h3, choisir le bon vocabulaire pour lui, sans se répéter, sans user de métaphore non plus, ni s’aider de l’humour ou du second degré ; il ne les comprend pas. Un peu comme quand vous avez un amoureux qui a été élevé dans une langue ou une culture différente de la vôtre. Quand le nouvel élu de votre cœur ne connaît pas Les Inconnus ni l’expression « comme une poule qui a trouvé une brosse à dents », allez le convaincre, le jour où vous évoquez les premiers ou utilisez la seconde, que Les Inconnus sont connus et que non, vous ne reprochez rien à son hygiène buccale ! Du coup on a eu une petite crise, Google et moi. En gros je lui ai dit que je l’aimais toujours (soyons francs, que ferais-je sans lui) mais que bon, après la passion, exclusive, enflammée, le couple doit se ré-ouvrir aux autres, sinon il s’étiole.

Des lecteurs en quête de sens

C’est ainsi que je me suis souvenu que, si Google était mon Dieu et le référencement vital pour moi, il y a avait quand même les autres : les lecteurs notamment, ceux qui lisent mes textes quand sa “majesté” (ouh là, ça sent le cynisme) veut bien les référencer en page 1, 2 ou 3 de son moteur de recherche. C’est quand même eux, les lecteurs, qui lisent à la fin, en vrai je veux dire, en cherchant le sens et l’information pertinente. Et si possible dans une langue correcte et un style qui se tient. Sinon, bien référencé ou pas, ils s’en vont, déçus, parfois sans même finir leur phrase. Ça m’a fait du bien cette prise de conscience, parce que, comme eux, j’aime ça le texte, le sens, l’information pertinente et la langue correcte. Je ne sais pas si c’est grâce à moi et à cette crise entre nous mais depuis, Google a changé. Il a compris que c’est important les lecteurs, les autres quoi ! Depuis, son référencement en tient compte. Lui, il mesure ça en temps de lecture, taux de rebond, etc. Il regarde aussi la pertinence des liens que j’intègre à mes textes, s’ils fonctionnent, s’ils sont cohérents avec le reste. Et il veille à ce que je crée du neuf. Sachez le, il est devenu très sévère avec qui va « pomper » du texte sur d’autres sites pour tenter de lui faire croire qu’il en est un auteur. Il a dû lire Cyrano de Bergerac et comprendre que Christian est peut-être beau gosse mais bel et bien un usurpateur qui ne fait que répéter les textes de Cyrano. Et que c’est pas joli-joli ! Il devient cool Google je trouve. Enfin, récemment il nous en a quand même sorti une nouvelle. Il faut bien qu’il nous le fasse sentir qu’il reste le roi du monde ! Depuis quelques mois donc, même si tu as un site sensas' et des textes passionnants, si tu n’es pas responsive et lisible correctement sur un support mobile, tu n’as plus qu’à aller te rhabiller quand il s’agit d’une recherche depuis smartphone. Ça a l’avantage d’être clair !

Moralité : pour être lu sur la toile aujourd’hui, il est impératif de suivre au plus près l’évolution des contraintes de Google, de les comprendre et plus encore de les intégrer. Parce que c’est lui qui décide ! Mais il est tout aussi important de se souvenir que c’est pour des lecteurs que l’on écrit, des hommes et des femmes avec des attentes, une sensibilité et un regard humain.
L’article est lu jusqu’au bout ? C’est que Google a eu raison de bien le référencer. Son taux de rebond est énorme ? C’est la preuve que le géant a eu tort… Qu’il doit et va revoir sa copie. C’est finalement rassurant !

pierre emeriau

Pierre Emeriau

Digital Manager